Affichage des articles dont le libellé est Produits. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Produits. Afficher tous les articles

jeudi 22 juin 2017

L'Abbamele {Produits Sardes}


Le produit que je vous présente aujourd'hui est une préparation typiquement sarde.

Un peu ignorée en dehors de l'île, l'abbamele est à la fois un moyen très antique de sucrer l'alimentation mais aussi une préparation aux nombreuses vertus. 


Qu'est-ce-que l'abbamele


Qu'on le nome abbamele, abamele ou abbattu, il s'agit toujours du même produit. L'abbamele est un liquide très épais obtenu par la cuisson - très longue - du miel en rayon (c'est-à-dire le miel brut, tel qu'il sort de la ruche avec ses alvéoles de cire), du pollen et d'un peu d'écorces d'orange, de citron et parfois quelques morceaux de coings

Toujours dans l'idée de ne rien perdre - une fois le miel extrait des alvéoles - la cire contenant encore un pourcentage élevé de miel est plongée dans l'eau chaude afin qu'elle rende le miel et le pollen qu'elle contient encore. L'ensemble est écrasé à la main pour faciliter l'extraction puis l'eau est filtrée au travers d'un tissu afin d'en retirer les dernières impuretés. Bien évidemment, les gros morceaux de cire trouvaient autrefois rapidement un usage 😊

samedi 13 mai 2017

L'aillet : Infos, Recettes et Traditions


Vous le voyez fleurir sur les étals des marchés ces jours-ci... C'est la pleine saison de l'aillet ! 

L'aillet : qu'est-ce que c'est ?

L'aillet que l'on appelle aussi ail nouveau ou ail du printemps c'est tout simplement une petite pousse d'ail, un "bébé ail" 😊 C'est une pousse verte qui ressemble un peu à un mini poireau et qui se consomme le plus souvent à la croque-au-sel ou coupé fin pour assaisonner une salade. 

On en trouve au début du printemps (théoriquement à partir de début mai) et la saison dure jusqu'au début de l'été. Elle s'arrête en réalité quand les gousses sont formées et que l'on met l'ail à sécher. 

mardi 21 avril 2015

Le Houblon sauvage : Où le trouver, Comment le cueillir et le préparer


Le printemps est une période généreuse pour ceux qui n'ont pas de jardin. La nature offre quantité de fleurs et de plantes comestibles. En dehors des désormais classiques orties ou pissenlits, il y en a qui sont peut-être moins connu comme le houblon sauvage. Il s'agit d'une petite plante grimpante que l'on trouve dans une grande partie de la France (visiblement pas ou peu dans le bassin méditerranéen) mais aussi dans le nord de l'Italie (je reviendrai sur ce point un peu plus tard). En occitan, on la nomme parfois "aspargo sarvaigo" (asperge sauvage) et il est vrai que sa forme et sa consommation l'en rapproche. Comme c'est souvent le cas pour les plantes sauvages, ce sont les petites pousses tendres qui sont les meilleurs et que l'on utilise en cuisine. 

Où le trouver ?
Près des lieux humides (rivières, étangs,...) et très souvent, dans les ronces (c'est la partie moins sympathique). On le trouve aussi dans les sous-bois près de zones humides. 
La période la plus adaptée est celles des premières chaleurs du printemps (donc maintenant). 

jeudi 11 septembre 2014

Tomates séchées sous sel... comme en Sardaigne {Préparation et Utilisation}

Les tomates en plein hiver, on est d'accord, c'est une hérésie (pour le goût, l'environnement et le porte-monnaie). Sauf quand on les conserve bien évidemment ;-)

En dehors de la passata et autres coulis du genre, une méthode de conservation traditionnelle en Sardaigne est la mise des tomates sous sel. Bien plus répandue que la conservation sous huile (peut-être aussi parce que moins onéreuse) elle est assez logique dans une région où la matière première est présente en abondance. Le sel de mer bien sûr - tout au long des côtes nord et ouest de l'île, on trouve de nombreuses salines - mais aussi du sel de roche dont le sous-sol est riche.
On les préparait souvent avec des feuilles de laurier, une passion toute sarde puisqu'on en met aussi sur les figues avant de les faire sécher... c'est très particulier et pas forcément au goût de tout le monde. Aujourd'hui, on met plus facilement du basilic au goût moins prononcé et plus consensuel.

Une fois séchées, elles se conservent dans des bocaux en verre, toujours avec du sel. Elle sont ensuite utilisées en l'absence de tomates fraîches. Traditionnellement, elles les remplaçaient dans les bouillons ou autres préparations nécessitant des tomates, ce qui est de moins en moins le cas avec les habitudes actuelles.

En général, on les fait en plein été (puisque c'est le moment où le soleil est le plus présent), mais en Sardaigne comme en France, juillet a été un mois un peu maussade par rapport aux habitudes... du coup le soleil de septembre cogne fort sur les tomates ;-)



Tomates séchées sous sel
Des tomates de très bonne qualité et non traitées
Du gros sel


Laver les tomates et les ouvrir en deux dans le sens de la longueur. En théorie, il faut le faire sans détacher complètement les deux moitiés, soit en les faisant se tenir par un côté, soit par le haut. 

Les disposer sur une grande planche en bois, la face intérieure tournée vers le haut. Les parsemer généreusement de sel (il est là notamment pour accélérer le processus de séchage). 

Disposer la planche au soleil toute la journée, éventuellement recouverte d'un filet de mousseline pour éviter les insectes. Il faut qu'elle soit légèrement inclinée (le plus simple est de placer un bouchon de liège coupé en deux à chaque extrémité de la planche) pour éviter que l'eau rendue par les tomates ne reste (pensez à placer un peu de papier absorbant en bas ;-) Si les nuits sont fraîches, il est nécessaire de les rentrer à l'intérieur de la maison. 

Il faut entre 5 et 7 jours pour que les tomates soient suffisamment sèches. 

Dans un pot en verre propre et bien sec, déposer une couche de sel, puis une couche de tomates et une nouvelle couche de sel. Procéder ainsi jusqu'à épuisement des tomates en terminant par une couche de sel. 


Elles se conservent (à l'abris de la lumière et d'une trop forte chaleur) pendant presque un an. Il est possible que les tomates continuent à rendre du liquide. Le plus simple est alors de les changer de récipient afin de remplacer le sel du fond (devenu humide) par du sel sec. Avec le temps, les tomates vont aussi perdre leur couleur rouge pour devenir presque orange, mais c'est normal. 


UTILISATION : 

Avant de consommer les tomates, il faut toujours retirer l’excédent de sel. Pour cela, il suffit de les passer sous un filet j'eau froide en frottant légèrement avec les doigts l'intérieur des tomates. 

Pour les utiliser, on peut les "réhydrater", un peu sur le principe des champignons séchés. Il suffit de retirer l'excédent de sel puis de les laisser une quinzaine ou une vingtaine de minutes dans l'eau tiède. On peut ensuite utiliser également cette eau pour l'éventuelle recette. 

Dans le même esprit, elles peuvent remplacer le sel (puisqu'elles en contiennent) dans des bouillons ou des sauces.


Quelques recettes avec des tomates séchées : 

Mini Clafoutis olives noires et tomates séchées

Pâtes aux artichauts et tomates séchées



mardi 29 avril 2014

La Bottarga di Muggine {Produits sardes}


Pour vous présenter certains des produits typiques de la Sardaigne, je ne pouvais faire l'impasse sur la bottarga. Oeufs de mulet salés et séchés, on la trouve ailleurs dans le bassin méditerranéen et la poutargue que l'on trouve à Martigues est le même produit. 
En Sardaigne, c'est une denrée typique et un représentant de l'île bien au-delà des mers qui l’entourent. Dans son livre "Viaggio in Sardegna. Undici percorsi nell'isola che non si vede", la romancière Michela Murgia (qui est par ailleurs originaire de la principale zone productrice sur l'île) consacre un petit chapitre à la bottarga, "il segreto del muggine" (le secret du mulet). Une grande partie des informations sur la production et l'origine historique en sont issues. 

Un peu d'Histoire...

Probablement produite dès la période phénicienne (les superbes ruines de Tharros sont proches d'Oristano), le bottarga vient quand à lui de l'arabe bot-ha-rik que l'on peut traduire par "oeufs de poisson séchés". Sa production diffusée dans tout le bassin méditerranéen, notamment de la Tunisie au Maroc explique certainement cette "hybridation" culturelle et gustative. D'ailleurs, les contacts avec les Phéniciens seraient également l'origine reconnue à la poutargue que l'on trouve dans le sud-est de la France. 
Le produit n'est donc pas exclusivement sarde, mais les caractéristiques assez distinctives concernant la matière première de la bottarga sarda mais aussi ses modalités de production en font un produit à part entière. 


Production

Pour résumer, le principe est assez simple, les deux poches d'oeufs (qui restent unies) sont nettoyées, salées, compressées puis séchées.
C'est la zone de Cabras, à côté d'Oristano dans l'Ouest de l'île qui est la plus ancienne zone de production. Les étangs salins qui l'émaillent sont riches de mulets, les poissons dont les oeufs sont récupérés avant d'être salés, compressés et séchés. On en trouve ailleurs sur les côtes ouest et sud de la Sardaigne, mais la bottarga de la zone précédente reste la plus réputée. Elle a d'ailleurs été quasiment introuvable pendant quelques temps après une interdiction de deux ans imposée en 1999 afin de permettre le "repos biologique" de l'écosystème local (sa quasi destruction ayant entraîné une surmortalité de l'ensemble des espèces présentes). Les choses tendent heureusement à s'améliorer depuis. 
La distinction entre les différents types de bottarga étant une opération de spécialistes (et la bottarga étant de toute façon bonne), on en trouve de l'excellente venant du nord-ouest (Alghero ou Stintino) mais aussi du sud (la zone autour de Cagliari) et dans le centre-est où celle de Tortolì est en train d'acquérir ses lettres de noblesse sur l'île. 

Dans une plus petite île au sud ouest de l'île "principale", à San Pietro pour être exacte, on trouve également de la bottarga de thon. Elle aussi délicieuse, elle reste tout de même moins délicate et moins appréciée que celle de mulet (le prix n'est pas le même non plus...). 


Goût et conservation 

La bottarga a une saveur iodée très présente. C'est un produit à la consistance dense et à la couleur orangée : plus ou moins en fonction de sa dessiccation. La bottarga la plus prisée est celle (et là, je sens bien que je vais vous perdre ^_^) qui a encore "su biddiu" (en sarde, le nombril), à savoir une petite partie du placenta au bout de la poche... Mais je vous assure que c'est moins désagréable que ça en a l'air ;-) 

La bottarga se conserve au frais (au frigo donc) et il faut la sortir quelques instant avant son utilisation (pour qu'elle revienne à température ambiante). Une fois entamée (ou ouverte si vous l'avez sous vide), il faut la consommer au maximum dans le mois. 
En Sardaigne, on trouve en général la bottarga protégée par une couche extrêmement fine de cire (qu'il faut retirer avant de la consommer). Si vous devez la transporter, celle sous-vide sera la seule solution. 

La bottarga en poudre se conserve un peu plus longtemps, mais ses qualités gustatives restent moindres par rapport à la bottarga entière. 


Utilisation 

Le plus simple reste de la découper en tranches fines et de les accompagner d'un peu d'huile d'olive extra-vierge. Avec un peu de pain, c'est un véritable délice ! 

Deux unions particulièrement heureuses - et répandues en Sardaigne - sont bottarga et céleri branche, mais surtout bottarga et artichauts (les petits artichauts épineux typiques de l'île font des merveilles :-) 

Sinon, elle est très largement utilisée dans les primi piatti. Sur les pâtes, c'est vrai qu'un tout petit peu de bottarga change le plat. En Sardaigne et dans toute l'Italie, on trouve souvent de la bottarga moulue, la plus pratique pour faire les fameux Spaghetti alla Bottarga, un plat de paresseux par essence ^_^ 


Quelques recettes à base de bottarga 









Vous trouverez également plein de bonnes idées sur le petit livre de Mayalen Zubillaga.





jeudi 3 avril 2014

Pane Carasau {Produits Sardes}

La tradition du pain a toujours été importante dans la culture sarde. La cuisine d'aujourd'hui en garde les traces avec une utilisation du pain plus conséquente que dans d'autres régions. Entouré par ailleurs de nombreux rites liés à sa préparation et à sa consommation, le pain a en Sardaigne une place toute particulière dans l'alimentation. 

Le plus connu d'entre eux est le pane carasau. Nommé également "carta da musica" (papier à musique) en raison de sa finesse mais aussi pour le bruit qu'il produit lorsqu'on le mange, ce pain est l'un des représentant de l'île les plus connus. 
D'une préparation très codifiée (chaque phase porte un nom spécifique) il est toujours cuit au feu de bois. Avant de vous en parler plus longuement, vous trouverez ICI une petite vidéo qui illustre la réalisation du pane carasau (vous noterez que je ne suis pas arrivée à faire des feuilles aussi fines que celles de la dame...). 



Origine 

Pain typique de la Barbagia, il porte les marques de son territoire. Dans une région montagneuse où l'activité pastorale a toujours été l'activité principale, ce pain a de nombreuses qualités. Sans mie, il est tendre et mou au sortir de la première cuisson (il se nomme alors "su pane lentu"), il devient croquant lors de la séparation des deux parties et de la deuxième cuisson qui le toaste... d'où son nom de "pane carasau". 
Par cette deuxième cuisson, il acquiert également une durée de conservation extrêmement longue (entre 1 et 2 mois). Le pain n'était fait très souvent qu'une fois par mois (on parle d'ailleurs de "sa cota 'e su mesi", la cuisson du mois) et les berger avaient dès lors un pain facile à transporter (il est tout plat) et qui gardait ses propriété même durant les longues semaines passées avec le troupeau. 
L'habitude veut que l'on utilise aujourd'hui exclusivement de la farine de blé dur "Cappelli" appellée aussi en sarde "Granu Senadori" du nom du sénateur qui en avait favorisé la diffusion dans toute l'Italie au début du XXème siècle. 


Goût et conservation

Pour schématiser quelque peu, le goût du pain carasau est celui du pain toasté ou de la biscotte. Si vous le préparez vous même, la saveur du blé est très agréable car très présente, bien plus que dans sa version du commerce. 
Pour le conserver, il suffit de le mettre dans un sachet en plastique fermé le plus hermétiquement possible à l'abris de la lumière. Il peut tenir jusqu'à 1 mois sans perdre son croquant (ensuite, il peut encore être consommé dans différentes préparations). 


Utilisation 

Le pane carasau peut être consommé comme tel, en tant que pain (aujourd'hui, il trône souvent au centre des tables pour les grands repas en Sardaigne). 
Il fait aussi un parfait substitut aux crackers ou aux chips. Il se décline d'ailleurs dans quelque chose approchant ces dernières lorsqu'on le prépare au four avec de l'huile d'olive et un peu de sel. Il prend dès lors le nom de pane guttiau (et reste tout de même moins gras que les chips ;-)
Il entre aussi dans la composition de nombreuses recettes notamment après avoir été baigné dans un liquide (principalement du bouillon). 
C'est aussi une bonne idée pour un plat comme des lasagnes qui seront très moelleuses avec moins de sauce. 


Recette du Pane Carasau 

500 g de farine de blé dur extrêmement fine + un peu (ici, c'est celle Senatore Cappelli achetée chez S.O.G.N.O)
250 g d'eau tiède
20 g de levure fraîche de boulanger (ou 7 g de levure sèche)
Sel (au moins 10 g)


Mélanger la levure avec une tasse d'eau tiède (environ 100 ml) afin de l'activer (des petites bulles doivent se former à la surface). 
Dans un saladier, mélanger la farine et le sel. Creuser un puits au centre et ajouter l'eau tiède contenant la levure et travailler énergiquement. Continuer à travailler la pâte en ajoutant petit à petit l'eau, jusqu'à obtenir une pâte lisse et homogène (il faut bien 10-15 minutes). Former une boule, couvrir d'un linge propre et laisser lever à température ambiante jusqu'à ce que la pâte ait doublé de volume (traditionnellement, on la laisse reposer dans un plat en terre cuite, recouverte d'un linge en laine).

Sur un plan de travail fariné, détailler la boule de pâte en petits pâtons de taille égale, en faire de petites boules et les fariner. Avec un rouleau à pâtisserie, étaler les pâtons le plus finement possible en leur donnant une forme circulaire et bien les fariner. A chaque rond formé, le déposer dans un linge propre et le recouvrir.
Préchauffer le four - avec la plaque à l'intérieur - le plus fort possible (normalement, le pane carasau est cuit au four à bois à une température d'environ 400°). Laisser reposer au moins 30 minutes les ronds de pain dans les linges.

Une fois le four bien chaud, procéder à la première cuisson. Pour cela, déposer les ronds de pain (un voir deux à la fois) sur la plaque chaude recouverte de papier cuisson. Ils vont normalement rapidement gonfler comme des petits ballons. Il faut les laisser gonfler car c'est ça qui permettra ensuite de détailler les deux parties.
Retirer les pains du four et rapidement, séparer les deux faces avec un couteau. En réalité, le pain peut déjà être consommé, il n'aura simplement pas la même consistance et se conservera moins longtemps.
Procéder ainsi avec l'ensemble des pains en les aplatissant bien à chaque fois.

Lorsque tous les pains ont été cuits une première fois et séparés en deux, procéder à la deuxième cuisson. Dans le four toujours à la même température, laisser le pain pendant quelques minutes, le temps qu'il "toaste". 



Quelques recettes à base de pane carasau

Pane guttiau (parfait pour grignoter à l'apéritif)

Pane guttiau aux Graines de Nigelle (une version à peine différente du précédent)




lundi 19 août 2013

La Fregola {Produits sardes}


Également appelée ''fregula'' ou ''freula'', la fregola est un aliment typiquement sarde. Composée – à l'instar des pâtes – de semoule de blé dur, d'eau et de sel, la fregola est considérée comme étant un type de pâte à part entière, bien qu'elle présente un certain nombre de particularités.
La première chose qui dénote est en effet sa forme. Semblable à d'énormes grains de semoule – ce qui la fait parfois assimiler à des graines de couscous – la fregola tient son nom de sa modalité de préparation. Le mot dérive du latin ''fricare'' qui signifie frotter, frictionner (le sarde est une langue qui vient directement du latin, sans passer par la médiation de l'Italien, à la différence de certains autres dialectes de l'île ou de la péninsule italienne) car c'est ainsi que se fait la fregola.

Réalisation :
Dans un grand plat en terre cuite très large et peu profond, on dispose la semoule de blé dure que l'on mouille ensuite petit à petit tout en la frottant de manière circulaire (et très délicatement) avec la pulpe des doigts. Se forment ainsi par amalgame les grains de la fregola (plus ou moins gros en fonction de la durée de la friction et de l'habilité de celui ou celle qui la prépare).
Les petites billes sont ensuite séchées puis toastées par un passage au four, raison pour laquelle la couleur des grains n'est jamais uniforme (ni leur taille d'ailleurs).

Goût :
Au regard de sa composition, la fregola a le goût des pâtes au blé dur avec la variante que lui apporte sa forme et le côté ''toasté'' issu de sa préparation.
Cependant, dans la région du Campidano d'où est originaire la fregola (avec également les zones autour d'Oristano et de Cagliari, toutes situées au sud de la Sardaigne) la préparation peut être réalisée – en plus des ingrédients précédents – avec des œufs et du safran de San Gavino Monreale, donnant dès lors à la fregola, en plus d'une couleur jaune plus prononcée, un petit goût proche du sucré (la région du Campidano étant par ailleurs réputée pour ses raviolis sucrés au safran, servis en plat avec de la sauce tomate).

Conservation :
Même préparée fraîche, la fregola de par sa ''pré-cuisson'' au four se conserve beaucoup plus longtemps qu'une pâte fraîche classique. Vous pouvez ainsi la conserver dans un endroit frais et sec pendant plusieurs semaines, même si elle est meilleure consommée dans les deux jours.
Petit bémol pour la version avec des œufs et du safran qui doit être utilisée assez rapidement.


Comment la cuisiner ?
La manière la plus classique de cuisiner la fregola en fait une préparation proche du risotto. Il s'agit de réaliser la sauce dans laquelle on versera ensuite la fregola qui cuira par absorption de cette même sauce, la cuisson pouvant dès lors nécessiter l'adjonction de plus ou moins grandes quantités de bouillon.
Le résultat est donc une pâte servie légèrement ''humide'' (c'est la meilleure traduction que j'ai pour le moment trouvé à ''brodosa'') voir éventuellement avec une partie de son bouillon. Les préparation diffèrent donc pour une seule et même recette car on peut aimer la fregola plus ou moins liquide (à titre personnel, je suis plutôt du côté du moins).

Dans le même sens, la fregola est souvent utilisée en hiver dans différentes soupes.

Il est aussi possible de la préparer comme des pâtes classiques, version à mon sens plus intéressante lorsque les pâtes sont servies froides (en salade par exemple) que lorsqu'elles sont servies chaudes, la version classique étant alors bien supérieure au niveau des qualités gustatives.

Avec quoi la marier ?
La recette la plus classique en Sardaigne est à base de fruits de mer et de crustacés (coques, moules, langoustes,...) et de tomates. Mais la fregola s'accommode aussi très bien de champignons (particulièrement les cèpes) ou de saucisses (et de cèpes en plus pour les gourmands).

Pour une version végétarienne, les aubergines sont parfaites, mais pourquoi pas des poivrons, des courgettes ou même – aliment peu commun en Sardaigne – de potiron. 

lundi 5 août 2013

La ricotta mustia {Produits Sardes}




Pour vous présenter certains des produits typiques de la Sardaigne, il m'a fallut bien sûr faire un choix - qui par définition est nécessairement arbitraire - et j'ai donc choisi un produit que j'aimais particulièrement : la ricotta Mustia. 

« Mustia » en sarde (en nuorese pour être exacte) signifie « fumée » (et accessoirement, être de mauvaise humeur je crois :-)
Originellement issue des zones pastorales telles que la Barbagia au centre de l'île (autour de la ville de Nuoro), sa production se fait aujourd'hui principalement dans les campagnes autour de Sassari, notamment dans le village d'Osilo, connu pour la qualité de ses fromages.
En raison de ses caractéristiques, elle fait partie du projet Slowfood "Arche du Goût", projet ayant pour but de sauvegarder et de mettre en lumière des produits locaux au goût très spécifique et risquant de disparaître.

Plusieurs raisons portent la Sardaigne à être une terre d'élection pour ce type de production. Les ovins y sont rois : certaines mauvaises langues vont jusqu'à dire que l'île compte plus de moutons que d'habitants... ce qui n'est pas tout à fait faux (mais qui permet aussi à l'île de produire plus de 90 % du pecorino romano). La matière première est donc présente en abondance.
Mais pourquoi fumer la ricotta ? Principalement pour des raisons de transport et d'utilisation. La ricotta fraîche se conserve assez mal et lors des périodes de transhumance (s'il y a des moutons, il y a des bergers), la ricotta sèche impose moins de contraintes.

Production : 
Du début du printemps et jusqu'à la fin de l'été, c'est la pleine période de production puisqu'elle est en général produite lorsque les brebis sont aux champs.
Réalisée avec le petit lait du lait de brebis, elle est salée et légèrement fumée au feu de bois. Dans le procédé de fabrication traditionnel, le petit lait issu du fromage est cuit – en réalité, recuit, d'où le nom de « ricotta » – puis la ricotta qui en est tirée est déposée dans des moules cylindriques recouverts d'une toile et sur lesquels ont dépose ensuite des poids en bois afin de la pressurer (c'est aussi ce qui lui donnera sa forme). Après 24 heures, elle est salée puis fumée, souvent avec des plantes aromatiques ajoutées au feu de bois. Mise ensuite à sécher pour quelques jours, elle peut ensuite être conservée à l’abri de la lumière et de l'humidité pendant environ deux mois.
La ricotta mustia se caractérise par son extérieur à la couleur ambre tendant parfois vers le gris et son intérieur d'un blanc immaculé.

Goût et conservation :
Assez éloignée de la ricotta fraîche, la ricotta mustia a une forme cylindrique et est beaucoup plus dense tout en étant moeulleuse. Le goût n'a également rien à voir. Beaucoup plus fort, il est boisé tout en étant très délicat.
Pour lui conserver son moelleux originel, il faut l'emballer dans du papier film (pour éviter la formation de moisissure) puis la mettre dans un sac en papier et l'entreposer au réfrigérateur. Elle peut se conserver ainsi pendant une grosse semaine.
Il est également possible de la faire sécher (pour la râper notamment). Il suffit alors de la laisser dans une assiette au réfrigérateur sans la couvrir pendant 5 à 7 jours.

Utilisation :
Au delà de sa consommation basique avec du pain, on peut la manger juste arrosée d'un peu d'huile d'olive, coupée en tranches fines sur du céleri ou des artichauts. La ricotta mustia peut également être utilisée en remplacement de la ricotta fraîche dans certains plats ou râpée sur un plat de pâtes (dans ce dernier cas, elle doit être sèche). Il est aussi possible de la servir avec un peu de miel amer ou de confiture pour un effet sucré-salé.

Quelques recettes à base de ricotta mustia : 

Ricotta mustia et bottarga 

Piments doux farcis à la Ricotta mustia

Omelette aux fleurs de courgette et ricotta mustia


Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...