mardi 29 septembre 2015

Focaccine di Ricotta


Pour avoir récemment échangé sur ce thème, l'une des choses que j'aime particulièrement dans le fait d'avoir un blog, c'est l'échange. J'essaye de vous faire partager certaines de mes idées, de mes recettes, de mes découvertes ; mais j'apprends également énormément au travers de vos commentaires ici ou sur les réseaux sociaux. L'autre chose que j'aime beaucoup, c'est que ce blog m'a permis de tisser des liens virtuels mais aussi parfois bien réels avec d'autres blogueuses. Comme en amitié, il est parfois difficile de dire ce qui nous uni de prime abord mais on sait que l'on a plaisir à discuter ensemble. 

Ce petit projet que je vous présente aujourd'hui a pour origine un point commun bien identifiable que je partage avec Graziella de L'Italie dans ma cuisine et Sophie du blog La Conque d'or. Ce lien c'est notre amour pour l'Italie - elles s'y sont même installées définitivement - et surtout pour un italien (je vous rassure, chacune le sien). Nous sommes toutes les trois tombées dans la marmite italienne par amour et un peu par obligation puisque la vie commune est aussi faite de cuisine (ou de plats surgelés pour les moins chanceux). Elles comme moi nous avons beaucoup appris de nos chers et tendres, de nos amis et de nos belles-mères ! Celle de Graziella est en passe de devenir une véritable célébrité ;-) 

Pour nous amuser un peu et pour vous faire découvrir un peu plus la cuisine de nos régions respectives - Sardaigne, Pouilles et Sicile - nous avons décidé de vous proposer un plat par mois en respectant la division italienne du repas. A chaque fois, un ingrédient fera le lien entre nous. 
J'espère que l'idée vous plaira - vous trouverez en bas de la recette les photos ainsi que les liens des autres plats - et je vous embarque tout ce suite direction la Sardaigne pour un antipasto... à base de pain


***

La première chose à préciser c'est que traditionnellement, l'antipasto n'existe pas en tant que tel en Sardaigne. Dans une terre de tradition paysanne et en grande partie pastorale, l'habitude était celle du plat unique (comme dans beaucoup d'autres zones du monde en fait). C'est ce qui explique le caractère toujours très roboratif des plats sardes, même en plein été. D'ailleurs à la campagne on trouve encore des gens - de mon âge - qui mangent sur ce mode du plat unique. 

Par contre - la Sardaigne faisant partie de l'Italie - on y trouve désormais la division italienne des plats (antipasto, primo, secondo, dolce). Et pour découvrir la variété des antipasti, il faut absolument vous rendre dans un agritourisme ! En effet, les antipasti en Sardaigne tournent essentiellement autour de trois choses (toutes de production locale) : la charcuterie, le fromage et le pain. C'est ce qui explique que les antipasti consommés chez le producteur soient si appréciés ;-)

Je ne sais pas faire le saucisson maison ni même le pecorino mais l'ingrédient en commun que nous avions choisi avec mes deux camarades était le pain (ouf !). En fonction des régions d'Italie, le rapport au pain peut être bien différent. Je vous renvoie à mes deux camarades pour les Pouilles et la Sicile mais pour ce qui est de la Sardaigne, la culture du pain y est profondément ancrée. Pour vous donner une n'ai toujours pas fait le tour de tous les types de pains qui existent ! On y trouve des pains "voyageurs" comme le carasau, des pains farcis (de toutes sortes dont celui d'aujourd'hui fait théoriquement partie), des pains de fêtes qui sont de véritables œuvres d'art (les coccoi), des grosses miches au levain,... J'arrête la liste ici car elle est beaucoup plus longue. Depuis le pain de la période nuragique marqué par la Pintadera à ceux plus récents, l'île est riche de ses pains. 

J'ai donc décidé de préparé un pain qui soit différent du fameux pane guttiau - le plus diffusé à l'antipasto aujourd'hui - que je vous avais déjà présenté. Ces petites focacce sont typiques en Sardaigne parce que préparées à base de ricotta de brebis. Si vous en avez déjà goûté, vous savez à quelle point son goût est différent de ce que l'on fait avec du lait de vache (et je ne parle pas de celle industrielle). Onctueuse et parfumée, c'est un véritable délice. Produit des "restes" du fromage (du petit-lait), quand la saison bat son plein on l’intègre parfois au pain. On trouve plein de version différentes - parmi lesquelles du "vrai" pain préparé à base de farine de blé dur - mais aussi ce genre de toute petites focacce - d'où le nom de focaccine - qui peuvent être préparées notamment comme antipasto dans les agritourismes. J'ai un souvenir mémorable de celle que j'avais mangé à Bitti !  

En ce moment je ne suis pas en Sardaigne, j'ai donc préparé une ricotta maison (1/2 vache et 1/2 chèvre) en suivant les instructions que vous trouverez ici. C'est très long mais pas très compliqué :-) 
Si vous êtes en Corse lors de la saison du brocciu, vous avez de la chance puisque c'est - peut-être à quelques détails près - la même chose. Vous pouvez essayer avec la ricotta du supermarché mais vous n'aurez pas du tout la même consistance après cuisson. Si vous ne la faites pas vous même (ce qui est tout à fait normal, je vous l'accorde) essayez de trouver une bonne ricotta chez un fromager (il y en a de la très bonne même en France). 

Dégustées encore bien chaudes et tout juste sorties du four, c'est un vrai délice ! Si vous ne les consommez pas immédiatement, conservez-les dans un linge afin de maintenir leur moelleux. 

On vous retrouve mardi 13 octobre pour notre prochain rendez-vous "Un ingrédient et trois régions italiennes".


dimanche 27 septembre 2015

Spaghetti à la Crème de Poivron rouge et Chèvre frais

En ce mois de rentrée, le site Recettes.de nous a proposé un défi qui ne pouvait que me tenir à coeur au regard de mes habitudes culinaires : le défi pâtes

Il faut dire que depuis quelques années déjà les pâtes sont devenues une partie essentielle de mes repas. Avec mon super professeur à domicile j'ai appris à parfaitement les faire cuire et à maîtriser les bases des sauces pour pouvoir ensuite - un peu comme dans cette recette - jouer avec. Même si je suis autorisée depuis longtemps à faire cuire les pâtes moi-même (j'ai pendant quelques temps été surveillée lors de la cuisson, la période d'essai en somme) je suis toujours prudente lorsque je propose un nouveau plat de pâtes à la maison. Surtout lorsque je réalise une sauce sans la base fondamentale de la cuisine casalinga : le soffritto. Je vous en ai parlé à plusieurs reprises mais il est vrai que faire doucement revenir de l'ail ou de l'oignon dans l'huile d'olive permet de rendre sapide à peut près n'importe quelle préparation. 

Ici il n'y en a pas et sans trop s'éloigner d'un produit très italien (le poivron rôti) la présentation sous forme de crème grâce à l'ajout de chèvre n'est pas des plus habituelles. Pour la cuisine de tous les jours, cela représente par contre un avantage conséquent... la rapidité ;-) 
Si vous avez des poivrons rôtis chez vous, il vous suffit presque de tout jeter dans un mixer leur temps que les pâtes cuisent pour avoir une délicieuse sauce.

J'espère que chez vous aussi l'été jouera les prolongations pour que vous ayez le temps de tester cette recette :-) 

Beau dimanche ! 


vendredi 25 septembre 2015

Beignets antillais { Petits beignets à l'Ananas }

C'est seulement pour le dessert que j'ai quitté l'Océan indien pour rejoindre les Caraïbes. 

La recette que je vous propose a en effet le goût des Antilles d'une part en raison de la présence du rhum mais également à cause de l'ananas. C'est quelques chose que j'aime beaucoup car à l'intérieur du beignet reste enfermé ce petit bout d'ananas fondant et malgré tout juteux. 

J'ai eu l'occasion de les manger sous forme de petites boules - comme c'est le cas ici - mais aussi en tranches entières (j'imagine que c'était de l'ananas en conserve). Comme je n'avais pas de recette de base, il n'y a que peu de temps que je m'y suis essayée. J'ai adapté une pâte à beignet un peu riche (œuf + lait) avec du rhum. 

Saupoudrés de sucre et dégustés bien chaud, c'est un véritable délice :-) 


jeudi 24 septembre 2015

Le Rougail saucisses de Nath

Le Rougail saucisses est un plat que j'aime beaucoup mais que je n'avais jamais préparé personnellement. Du coup l'occasion était trop belle pour ne pas me lancer :-)

En la matière, je me suis fiée à la blogueuse made-in Réunion dont je suis virtuellement - mais aussi géographiquement - la plus proche, Nath de Pourquoi je grossis.

Dans son petit déménagement, elle n'a pas - ou pas encore je l'espère - porté avec elle cette délicieuse recette. Mais elle n'était pas passé inaperçue en ce qui me concerne ^_^

Du coup très peu de modification par rapport à la recette d'origine en dehors des quantités. J'ai juste mis un peu moins de curcuma et j'ai remplacé l'échalote par l'oignon. Cela ne fera pas plaisir à Carlo Cracco qui prétend que l'échalote c'est vachement plus cool que l'oignon mais tant pis... Pour les puristes j'ai aussi sauté d'étape de cuisson des saucisses dans l'eau bouillante. L'opération est là principalement pour les dégraisser et pour éviter que la viande ne se délite trop par la suite, ce qui pour le premier aspect n'était pas le cas de mes saucisses.

En effet à la maison nous avons tenté la recette en version "saucisse locale" faute d'avoir des vraies saucisses réunionnaises. Le goût est différent et si vous trouvez la V.O. je vous conseille de la choisir (et de diminuer la dose de piment). J'ai eu l'occasion de goûter la préparation avec des saucisses fumées, c'est très bon 
aussi


mercredi 23 septembre 2015

Comme un Achard de Légumes


Le sous-titre de cet article pourrait être "où comment je me suis réconciliée avec le choux-fleur". En ce deuxième jour de voyage virtuel, je suis restée à la Réunion - en même temps je vous avais prévenus - avec une entrée que j'aime tout particulièrement. 

J'ai précisé "comme" un achard pour la bonne et simple raison que les légumes sont coupés un peu trop grossièrement par rapport aux achards que j'ai toujours mangé en dehors de chez moi... Cela explique la petite modification du temps de cuisson précisée en note. 

Je me souviens très précisément du jour où j'ai découvert ce plat car c'était pour la fête d'anniversaire d'une amie. Elle venait d'avoir 20 ans (j'en avais 19) et elle avait organisé une grande fête réunissant famille et amis. Au beau milieu du buffet, ma gourmandise croise un joli plat d'un jaune très vif et dont l'odeur me fait penser à la moutarde anglaise très douce et à la teinte voisine. Même de loin j’apercevais la présence de légumes mais sans plus de précisions ;-) 

Question n°1 : C'est super joli, qui à fait ça ? 
Réponse : Mon oncle. 
Question n°2 : Ah il est doué ton oncle. Et c'est quoi ? 
Réponse : Un achard de légumes
Question n°3 (oui quand il s'agit de nourriture je ressemble un peu à la Stasi...) : Et ça viens d'où ? 
Réponse : De la Réunion. Mon oncle est réunionnais et c'est un plat qu'il prépare souvent. 

Rapide présentation avec l'achard de légumes et toujours sur la même lancée curieuse /gourmande / ah ça a l'air bon, je me suis servie. Je n'ai pas été déçue, j'ai véritablement adoré ce qui pour moi était une jolie salade colorée. Pas que le reste ai été moyen mais comme cela m'avait particulièrement marquée, je suis allée demander au fameux tonton ce qu'il y avait dans la préparation. Et là horreur... il y avait du choux-fleur ! Le super ennemi de mes repas de cantine ! Celui dont l'odeur seule suffisait à me soulever le coeur ! Vous sentez que mes convictions de mangeuse de féculents (de manière exclusive) ont été fortement ébranlées... 

L'histoire se fini bien puisque la maman de mon amie avait elle aussi la recette qu'elle m'a gentiment donné. Et depuis presque 10 ans désormais, M. Choux-fleur et moi sommes réconciliés. 
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