Non, non, je n'ai pas perdu mon agenda, nous sommes bien dimanche. Mais c'est un dimanche de Battle food ! Et pour cette édition organisée par Chapeau melon, le thème est :
« DOUCEUR DE VOTRE ENFANCE »
Il était question de retrouver sa madeleine de Proust, ce plat qui a la saveur de l’enfance. Et ma madeleine de Proust personnelle, ce sont les chouquettes. J'ai une assez mauvaise mémoire - tous ceux qui me connaissent vous le dirons - et du coup je n'ai que le souvenir assez vague du moment où ma maman m'emmenait à la boulangerie acheter une petite poche de chouquettes. La seule chose qui pour moi est restée marquante est la joie que cela m'inspirait et surtout la texture des chouquettes, un peu poisseuses à cause du sucre et surtout toutes gonflées avant d'être écrasées entre la langue et le palais :-)
Du coup, pour écrire cet article, j'ai été obligée de questionner ma maman sur les conditions précises de "dégustation" de ces fameuses chouquettes... Comme elle se souvient bien mieux que moi de ce genre de chose, elle a été en mesure de me rafraîchir la mémoire.
Pour la recette, j'ai fait des infidélités à la recette des choux de mon papa et j'ai utilisé celle de Christophe Michalak que j'ai repéré il y a quelques mois déjà chez Karine. Honnêtement, elle est inratable ! J'ai juste augmenté un peu la température de cuisson pour adapter à mon four (un four tout ce qu'il y a de traditionnel).
Ça faisait une éternité que je n'avais pas mangé de chouquettes - depuis l'adolescence, c'est certain - et je dois avouer que :
"[...] bientôt, machinalement, accablé par la morne journée et la perspective d'un triste lendemain, je portai à mes lèvres [une chouquette]. Mais à l'instant même où la [chouquette] toucha mon palais, je tressaillis, attentif à ce qui se passait d'extraordinaire en moi. Un plaisir délicieux m'avait envahi, isolé, sans la notion de sa cause. Il m'avait aussitôt rendu les vicissitudes de la vie indifférentes, ses désastres inoffensifs, sa brièveté illusoire, de la même façon qu'opère l'amour, en me remplissant d'une essence précieuse : ou plutôt cette essence n'était pas en moi, elle était moi. J'avais cessé de me sentir médiocre, contingent, mortel. D'où avait pu me venir cette puissante joie ? "
Marcel Proust (défiguré par mes soins...), Du côté de chez Swann, 1913.
Et vous, quelle est votre madeleine de Proust ?